Des acheteurs estiment avoir été trompés. Croyant acheter des pièces fabriquées par la faïencerie, Ils ont acquis des objets très inspirés de Gien mais ne portant pas la célèbre marque.
Les antiquaires et brocanteurs estiment que le phénomène a deux ans, peut-être moins.
Des acheteurs se sont fait berner en achetant ce qu'ils croyaient être de la faïence de Gien... et qui n'en est finalement pas.
On ne parlera pas de copies, ni de faux, pas plus que d'imitations, mais de pièces modernes, inspirées de certains décors fabriqués par la faïencerie de Gien au XIxe siècle.
«Il s'agit de décors italiens sur fond blanc », remarque une spécialiste des faïences de Gien « Mais c'est très allégé et un véritable connaisseur ne peut pas confondre. »
« Ce qui prête à confusion quand on n'est pas un expert en Gien, c'est la marque au dos des objets, qui peut être confondue si on n'est pas très attentif. À la place d'un I ou d'un E, on met une autre lettre et le tour est joué », reconnaît un brocanteur orléanais. « Ça ressemble, mais ça n'en est pas et certains vendeurs peu scrupuleux jouent là-dessus, ce qui fait du tort à toute la profession. »
À la faïencerie de Gien, on est bien sûr au courant de ce phénomène par le biais, notamment, d'acheteurs s'estimant trompés. Certains, en effet, appellent de toute la France lorsqu'ils pensent avoir fait l'acquisition d'une belle pièce.
Lorsqu'ils décrivent leur objet, ils apprennent qu'ils n'ont pas acheté un Gien, mais une assiette ou un plat d'une autre marque, dont les ateliers seraient situés en Belgique.
« Ce sont de beaux objets, très bien faits, de belle qualité, qui s'inspirent de certains décors, dont s'était d'ailleurs inspirée la faïencerie au XIXe siècle », explique-t-on à la Faïencerie.
« Il n'y a pas tromperie à proprement parler sur la marchandise, qui est d'ailleurs vendue moins cher que le serait du Gien.»
Le prix est en effet bien inférieur à ce que coûterait une pièce de Gien du XIXe siècle.
Une quarantaine ·d'euros pour ces objets modernes, mais s'inspirant de l'ancien jusque dans les fêlures des assiettes, contre une centaine d'euros à débourser pour du véritable Gien.
Les acheteurs doivent donc se méfier des affaires qui paraîtraient trop bonnes. Et surtout, ne pas hésiter à exiger une attestation du vendeur:
« Le problème, c'est que les acheteurs sont persuadés d'avoir acquis du Gien, parce qu'on leur a fait croire ou qu'on ne les a pas détrompés. Mais, tout se passe oralement, et ils ne peuvent plus se retourner contre qui que ce soit, s'ils estiment avoir été floués. »
Ces pièces démontrent à quel point la faïence de Gien aujourd'hui prestigieuse recherchée, à l'instar des céramiques de Longwy, dont des imitations sont aussi vendues sur les brocantes de France.
Nombre d'acheteurs estiment avoir été abusés sur des vide-greniers ou des brocantes.
Sur Internet et particulièrement sur un célèbre site d'enchères, les annonces de vendeurs proposant des faïences de Gien fleurissent.
Ainsi, hier, sur le site, trouvait-on plus de 700 objets en rapport avec la faïence de Gien.
En rapport seulement, puisque tous n'ont évidemment pas été fabriqués dans le Loiret.
Si les prix paraissent là encore intéressants, il convient d'être vigilant et de n'acquérir des objets que dont on est sûr de la provenance.
Les vendeurs « sérieux» fourniront une photo de la marque « Gien» authentifiant les objets.
Les acheteurs pourront d'ailleurs également demander un document écrit, stipulant qu'il s'agit bien de Gien, comme il l'était mentionné dans l'annonce sur Internet.
D'autres sites, uniquement spécialisés en céramique: vendent eux aussi des imitations.
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